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Journée nationale de la laïcité

Journée académique de formation « La laïcité, pluralité et unité »
Journée de la laïcité 2017  - Éducation à la citoyenneté  - 11/12/2017

Dans le cadre de la mobilisation de l’académie pour la journée nationale de la laïcité, un séminaire de formation a été organisé le lundi 11 décembre 2017.

En introduction de la journée, coordonnée par Michel Nesme, IA-IPR de philosophie et référent laïcité pour l’académie de Lyon, un enregistrement de la rectrice Françoise Moulin Civil a été diffusé aux participants.

Sous-titrage disponible : cliquer sur le bouton CC

Discours de Françoise Moulin Civil, rectrice de l'académie de Lyon

Monsieur le directeur de l’ESPé, Madame l’inspectrice d’académie, Messieurs les inspecteurs d’académie-directeurs académiques, des services de l'éducation nationale de l'Ain, de la Loire et du Rhône, Mesdames et Messieurs les inspecteurs, Mesdames et Messieurs les chefs d'établissements, Mesdames et Messieurs les enseignants, Mesdames et Messieurs.



Vous êtes réunis ce matin à l’occasion de la journée anniversaire de la loi du 9 décembre 1905, pour un temps pédagogique autour du principe de laïcité. J’aurais apprécié, vous le savez, d’être présente à vos côtés. Malheureusement, je ne le puis et vous prie de m’en excuser.



La loi de 1905 est une étape capitale dans l’histoire de la laïcité française. Elle a établi un mode de rapport entre les Églises et l’État, celui de la séparation. Séparer pour mieux rassembler, séparer pour mieux unir, cela peut sembler paradoxal, mais précisément, il ne faut pas en rester à l’opinion.



C’est en effet la distinction entre le domaine privé, qui est celui de la diversité des convictions particulières, des croyances et des incroyances, le domaine de nos différences et le domaine public, qui est celui de ce qui est commun à tous, le domaine de ce qui fait de chacun mon semblable, si l’on croit tant soit peu à la valeur de fraternité. En quelque sorte, tous citoyens, tous frères en humanité.



Cette distinction est une séparation qui est la condition de possibilité du respect de chacune des sphères. La sphère publique ne se mêle pas de ce qui relève de la sphère privée : elle reste neutre vis-à-vis des convictions religieuses ; la République française « respecte toutes les croyances », déclare notre Constitution. La liberté de conscience de chacun est ainsi placée au premier rang.



Mais, réciproquement, les convictions particulières n’ont pas à décider des affaires de tous, des affaires politiques ou publiques. Seul ce qui unit, ce qui peut valoir pour tous, ce qui fait en quelque sorte maison commune, doit être au principe de la loi.

Pour autant, cette question du rapport entre le politique, qui doit rassembler, et le religieux, qui peut séparer, se pose à toutes les nations. Alors, comment nos voisins européens abordent-ils cette question ?



Quelles approches ont-ils du rapport entre politique et religion, entre espace public et espace privé ?



Le choix a été, pour cette matinée de formation, celui de l’écart. Regarder ailleurs, à la fois dans l’espace et dans le temps, pour mieux percevoir notre spécificité, voilà le principe qui a guidé le programme des interventions de ce matin. Regarder ailleurs n’est évidement jamais sans risque.



Pourquoi avoir adopté tel principe plutôt que tel autre ? Pourquoi telle interdiction ici, alors qu’elle n’a pas cours ailleurs et que cela ne pose pas problème, au moins au premier abord ? Ne risque-t-on pas de montrer ainsi les limites, voire la contingence de nos principes ?



On pourra répondre que, de toutes façons, nous n’avons pas le choix. L’époque n’est plus à l’isolement des États, à la clôture des cultures. Les comparaisons existent, il faut pouvoir répondre sur la mise en cause de nos principes, et notamment en replaçant les choses dans une perspective historique.



Mais on répondra qu’il s’agit surtout d’une exigence, d'une exigence en particulier pour l’esprit critique, esprit critique que nous cherchons à développer chez nos élèves, lequel a pour principe de ne rien accepter sans l’avoir passé au crible, au jugement de la raison. Il s’agit donc de voir ce qui résiste et peut se défendre du point de vue de la raison. Mais aussi d’être capable de reconnaitre ce qui n’est peut-être que conjoncturel et contingent.



C’est d’ailleurs le signe d’une laïcité de la maturité, que de ne pas craindre la confrontation avec, sinon ses autres, du moins ses différences. Pour cela, vous allez donc voyager dans l’espace et dans le temps.



Je ne vais pas citer tous les intervenants, leurs titres leurs qualités, cela sera fait en situation tout au long de la matinée. Mais je voudrais les remercier chaleureusement de nous faire bénéficier de leur compétence, remercier non moins chaleureusement tous les organisateurs, au premier rang desquels Monsieur Michel Nesme, IA-IPR de philosophie et référent laïcité pour notre académie, et remercier enfin et tout aussi chaleureusement tous les participants, de consacrer ainsi de leur temps pour faire vivre nos valeurs et nos principes républicains.



Je puis vous assurer que notre ministre de l'éducation nationale tient la promotion de la laïcité et des valeurs républicaines comme une mission essentielle, comme une mission prioritaire de notre École.



Je vous remercie.

seul le prononcé fait foi
 

Plusieurs conférences ont ensuite été proposées :

« Liberté religieuse et neutralité de l’État en Allemagne » par Boris Klein, docteur en histoire, correspondant du CEDRE (Centre européen des études républicaines) dans l’académie de Lyon, professeur d’histoire-géographie au lycée la Martinière Duchère à Lyon 9ème ;

Intervention de Boris Klein : Remarques sur la liberté religieuse et la neutralité de l'Etat en Allemagne

« L’Espagne : laïcité et mémoires en conflit » par Camille Portier et Rebecca Garcia Rego, professeures d’espagnol au collège Pierre Valdo à Vaulx-en-Velin, chargées des questions de laïcité dans leur discipline ;

Intervention de Camille Portier et Rebecca Garcia Rego : La laïcité en Espagne, un compromis hésitant issu de mémoires

Support de présentation : La laïcité en Espagne, un compromis hésitant issu de mémoires conflictuelles

« Royaume-Uni : vers un rejet du multiculturalisme ? » par Anne Bechard-Leauté, maîtresse de conférences en civilisation britannique à l’Université Jean Monnet de Saint-Étienne ;

Intervention de Anne Bechard-Leauté

Lois à caractère multiculturel au Royaume-Uni

« La conception laïque de la morale en France : retour sur la matrice intellectuelle du moment 1900 » par Stephan Soulié, professeur agrégé et docteur en histoire, mis à la disposition du CEDRE ;

Une présentation des 100 mots de la République par Olivier Christin, historien, directeur du CEDRE


À consulter :
la laïcité à l’École

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