Convaincue que les environnements d’apprentissage ne sont jamais neutres, la cellule BEA inscrit son action dans un dialogue constant entre équipes éducatives, élèves, partenaires institutionnels et collectivités territoriales afin de concevoir des projets pleinement ancrés dans les problématiques propres à chaque établissement et orientés vers la réussite et l’épanouissement de tous les élèves.
Au croisement des enjeux pédagogiques, éducatifs et organisationnels, la cellule soutient des démarches inter-catégorielles ambitieuses qui transforment durablement les usages et les représentations.
Cette année deux projets emblématiques illustrent cette dynamique : la transformation de la permanence au collège Cinéma de Bertrand Tavernier et le réaménagement global de la cour de récréation au collège Jean-Philippe Rameau de Champagne-au-Mont-d’Or.
« La permanence autrement » : redonner du sens à un espace stratégique
Au collège Bertrand Tavernier comme dans de nombreux collèges, la permanence a longtemps été perçue par les élèves comme un simple « trou dans l’emploi du temps », une « heure de creux pour faire ses devoirs », voire un lieu associé à la « punition » ou à « l’exclusion de cours ». Ce lieu était aussi perçu par les élèves comme austère, ennuyeux et peu accueillant. Ces observations ont constitué le point de départ d’une réflexion collective : comment transformer cet espace d’attente en un véritable espace d’apprentissage, d’accompagnement et d’inclusion de tous les élèves ?
Accompagnées par la cellule BEA, les équipes avaient un double enjeu: interroger la notion de travail personnel et diversifier les formes d’apprentissage possibles en salle de permanence.
Sous l’impulsion de M. Regnault, principal adjoint, et de Mme Aynur Bacanak, CPE, de nombreux ateliers ont été conduits avec les élèves afin d’identifier leurs besoins, leurs représentations et leurs attentes. Dans le cadre d’une démarche participative, un groupe de travail pluri catégoriel (élèves, enseignants, AED, personnels médico social et administratif, parents) a permis de repenser la permanence comme un espace à responsabilité partagée, où coexistent travail individuel, coopération, tutorat, autonomie guidée et temps de régulation.
Le projet s’est également élargi à la création d’espaces de calme, de retrait et d’apaisement, notamment pour mieux accueillir les élèves à besoins éducatifs particuliers (EBEP). Du matériel adapté a été investi pour favoriser le bien-être et soutenir la concentration. Ces espaces visent à accueillir, anticiper et désamorcer les débordements émotionnels, dans un cadre d’usage explicite et partagé par tous.
Le séminaire du 5 mai sera l’occasion de présenter cette démarche dans un atelier consacré à l’émergence des espaces « calme-retrait-apaisement » à l’école, avec un croisement premier et second degrés. La réflexion engagée dépasse en effet la seule permanence : elle interroge plus largement la capacité de l’institution à penser des espaces régulateurs au service du climat scolaire.
Le suivi du projet est assuré avec l’appui de la CARDIE, qui accompagne les équipes dans la définition d’indicateurs permettant d’évaluer les effets sur le bien-être des élèves, le climat scolaire, l’engagement dans le travail et l’évolution du rôle des AED. Les salles progressivement aménagées ouvrent d’ores et déjà d’autres perspectives d’organisation des espaces au sein de l’établissement et le projet se poursuit sur l’année scolaire 2026/2027 par l’aménagement de la salle de répits.
Le projet RESPIRE : la cour de l’espace impensé à un levier d’inclusion, de bien-être et de responsabilité partagée
Au collège Jean-Philippe Rameau, à Champagne-au-Mont-d’Or, la transformation de la cour de récréation illustre la même conviction : les espaces ne sont pas neutres, ils façonnent les relations, les comportements et les apprentissages.
Depuis deux ans, le projet RESPIRE mobilise l’ensemble des usagers – élèves, enseignants, personnels de direction, vie scolaire, agents et Métropole de Lyon – dans une démarche inter-catégorielle et inter-métier. Quinze élèves particulièrement investis ont participé activement à toutes les étapes : diagnostic, conception, maquettes, tests d’usage.
Initialement centré sur la végétalisation, le projet a évolué vers une ambition plus large : faire de la cour un espace inclusif, structuré et éducatif. Longtemps perçue comme un simple « entre-deux », la cour est désormais pensée comme un lieu de socialisation, d’apaisement et d’apprentissage.
Plusieurs espaces complémentaires ont été créés :
- Un espace Zen, avec méridiennes, mobiliers confortables et tables de jeux, favorisant détente et régulation des tensions.
- Un espace sportif, dédié au mouvement et à la coopération (fronton, équipements accessibles à tous).
- Un espace ludique, comprenant slackline, tables de ping-pong et jeux collectifs.
- Un espace « classe dehors », prolongeant les apprentissages en extérieur.
- Un espace convivial autour d’une agora, support d’échanges et de projets collectifs.
Cette diversité permet à chaque élève de trouver sa place selon ses besoins, son énergie et sa manière d’investir le temps de récréation. L’inclusivité ne se décrète pas : elle se construit par la multiplicité des possibles.
Le Conseil des usagers de la cour, réunissant adultes et élèves ambassadeurs, poursuit aujourd’hui le travail d’observation et d’ajustement. La cour est conçue comme un laboratoire vivant, appelé à évoluer (boîte à livres réalisée par les élèves de SEGPA, plantations d’arbres et de vivaces adaptées au changement climatique, ateliers participatifs).
Au-delà des aménagements matériels, RESPIRE transforme les postures professionnelles, les dynamiques collectives et le climat scolaire. L’inauguration qui a eu lieu au printemps est venue valoriser ces deux années d’engagement partagé.
Penser les espaces pour transformer l’École
À travers ces deux projets, la cellule BEA affirme une conviction forte : l’aménagement des espaces constitue un levier stratégique pour favoriser le bien-être, prévenir les tensions, soutenir les apprentissages et renforcer l’inclusion.
Qu’il s’agisse de permanence, de salles de retrait ou de cour de récréation, ces lieux deviennent des espaces éducatifs à part entière lorsqu’ils sont pensés collectivement, outillés méthodologiquement et évalués dans la durée.
Accompagner ces transformations, c’est contribuer à faire évoluer les représentations, à soutenir l’engagement des équipes et à inscrire l’innovation dans une dynamique structurée et partagée. C’est, en définitive, œuvrer pour une école plus accueillante, plus apaisée et plus inclusive, au service de la réussite de tous les élèves.
Contacter la Cellule BEA
Vous pouvez consulter l’ensemble des projets et des ressources relatifs à l’aménagement des espaces d’apprentissage sur le site de la BEA de l’académie de Lyon ainsi que sur le site national Bâti scolaire.
Mise à jour : mai 2026




