Festival EAC 2025 - Tu M’auras Pas

Festival EAC 2025 Affiche

La DAAC a sélectionné et suivi 8 projets emblématiques de l'éducation artistique et culturelle de notre académie dans le cadre du festival EAC 2025, du 26 mai au 6 juin 2025.

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Collège Victor Schoelcher - Lyon 9

Rachel Le Labousse, chargée de mission pour la Métropole de Lyon, a suivi ce projet : "Ce projet illustre parfaitement les enjeux de l'Éducation Artistique et Culturelle en associant découverte artistique et réflexion critique. En mobilisant à la fois l’histoire, les arts plastiques et le français, il permet aux élèves de croiser les apprentissages et d’enrichir leur compréhension. En travaillant sur la mise en scène d’une pièce inspirée d’un événement historique, ils développent à la fois leur expression orale et leur capacité d’analyse. L’intervention du partenaire, la compagnie de théâtre, a été précieuse pour leur apporter des techniques professionnelles et rendre leur travail plus abouti." 

Les étudiants de la CinéFabrique racontent leur travail avec les collégiens

Dans le cadre du projet « Tu M’auras Pas », Louise et Louison, étudiantes de 2ème année à la Ciné Fabrique à Lyon ont accompagné des élèves des collèges Paul Emile Victor à Rillieux-la-Pape et Jules Michelet à Vénissieux dans la création de court-métrages, de l’écriture du scénario au tournage.  Ce projet se déploie dans 5 établissements dans des quartiers prioritaires ou des classes SEGPA, répondant à la volonté d’amener des collégiens éloignés de la culture à être acteurs d’un dispositif d’éducation artistique et culturel. Impliqués dans toutes les étapes du processus, les collégiens ont découvert l’univers du cinéma de l’intérieur. Entre motivation, apprentissage technique et esprit d’équipe, cette expérience a révélé un bagage culturel et une capacité à s’approprier les outils. Retour sur une aventure formatrice et inspirante.


Rachel Le Labousse, chargée de mission cinéma à la DAAC : Comment s’est déroulée votre intervention au collège ?
Louise
: Au départ, j’appréhendais un peu l’intervention au collège car je me disais que nous allions devoir faire la police. Mais nous sommes intervenues dans une classe qui a travaillé sur de nombreux projets. Dès le début, les élèves étaient très motivés et avenants. Dès l’écriture du scénario, ils étaient déjà complètement impliqués, pas du tout turbulents. Nous avons été trés surprises car ils témoignaient déjà d’une solide culture cinématographique. Ils nous ont notamment cité « Interstellar », « Le Parrain », j’étais vraiment étonnée.

RLL : Comment est-ce que cela a orienté le travail ?
Louise :
A l’écriture, ils utilisaient déjà ces références en évoquant la volonté de travailler sur des scénes d’actions ou de comédie, ce qui nous a permis d’évoquer les genres cinématographiques. Ils ont souhaité que leur film soit une comédie d’action.

RLL :  Comment se sont impliqués les élèves dans le projet ?
Louise : Ils ont été très investis, tant dans l’écriture que dans le tournage. Certains avaient déjà des références précises et ont su proposer des idées créatives. Ils avaient parfois besoin d’être recentrés car c’était foisonnant. Mais pendant le tournage, ils ont été trés réceptifs aux conseils de prise en main du matériel technique.  
Louison : Je suis intervenue dans une classe de SEGPA de 3ème qui se connaissait depuis la 6ème. Le groupe était très solidaire, il s’entendait très bien, c’était une expérience vraiment enrichissante.

RLL : Comment s’est déroulé le travail d’écriture ?
Louise : L’écriture a été l’étape la plus complexe, je ne m’attendais pas à ce que cela soit si compliqué. Nous avons travaillé avec eux sur plusieurs séances de deux heures. Il a fallu les aider à structurer leurs idées, mais ils ont réussi à produire un scénario abouti.

RLL :  Comment s’est passé le tournage ?
Louise : Le tournage a été une expérience très positive. Cétait un plaisir de voir à quel point les élèves mobilisés. Ils ont rapidement appris à manipuler la caméra, la perche et les autres équipements. Ils se transmettaient naturellement les connaissances entre eux, ce qui a facilité le travail en équipe. En effet, ils tournaient sur les rôles et expliquaient aux personnes qui prenaient le relais sur leur poste comment s’y prendre. Nous n’avions pas besoin de les solliciter, ils étaient complétemen impliqués et se sont également investis pour jouer des rôles devant la caméra. Ils étaient bien sûr fascinés par la caméra et ont pu expérimenter le cadre à tour de rôle.

Louison : En échangeant avec l’équipe pédagogique, nous avons partagé le constat que les élèves de SEGPA qui ont l’habitude des activités manuelles ont su prendre en main instinctivement les outils après une présentation. Ils prenaient des initiatives et dans la phase de transmission aux camarades, étaient encore plus efficaces. La passation d’un poste à l’autre crée une une dimension collective, un échange entre les élèves qui renforce l’intensité de cette expérience de groupe. Chacun a sa place et valorise ce qu’il apprend en le transmettant au suivant.

RLL :  Quels enseignements ont-ils tirés du projet ?
Louise : Certains ont pris conscience qu’ils pouvaient réaliser un film eux-mêmes. Ce qui leur semblait inaccessible au départ est devenu concret.

Louison : J’ai eu des retours pour ma part sur le fait qu’ils réalisent qu’un film nécessite un éventail d’étapes et des phases de travail complexes afin d’arriver à un produit fini. Ils ont compris que tout a une importance : la place de la caméra, la lumière, le son. Même s’ils avaient une certaine culture cinématographique, ils ont découvert l’envers du décor.

RLL : Quel rôle ont joué les enseignants ?
Louise : Les enseignants ont été très impliqués. Chaque groupe avait un professeur référent (arts plastiques, français, physique-chimie) qui les accompagnait sans interférer avec notre pédagogie. Ils nous ont aidé à trouver notre place devant les élèves. Ils étaient investis et soutenaient activement les élèves. Nous avons pu mesurer la qualité de la relation qu’ils entretenaient avec leurs élèves.

Louison : L’enseignant était tellement passionné et investi que ses élèves le suivaient dans son engouement. La dynamique était très positive.

RLL : Quel a été le retour des élèves ?
Louise : À la fin du projet, ils étaient très fiers de leur travail. Certains ont exprimé leur surprise en réalisant que faire un film était à leur portée. Nous n’avons pas eu le temps de leur montrer le montage final avant la projection, mais ils ont hâte de découvrir le résultat.

 

 

Mise à jour : mai 2025